Dans les petites communes de Dordogne, l’adoption du budget municipal est bien plus qu’un simple exercice administratif. Chaque année, les élus se réunissent pour établir un budget prévisionnel qui répond aux besoins des habitants tout en respectant les contraintes financières. Ces budgets couvrent les dépenses obligatoires (entretien des écoles, voiries, gestion de l’eau…) et des investissements (projets d’urbanisme, transition écologique, équipements culturels).
Lors des conseils municipaux, ouverts au public, les discussions s’animent. Par exemple, dans certaines communes de la Vézère, une part importante du budget est désormais investie dans la rénovation énergétique des bâtiments communaux, notamment pour réduire la facture énergétique. La sincérité budgétaire est de mise : toutes les dépenses prévues doivent être justifiées.
En 2022, la commune de Montignac a voté un budget de 6,8 millions d’euros, dont une part significative allouée à la préservation du patrimoine local et à l’amélioration des accès touristiques. Dans une région marquée par des recettes souvent incertaines (taxe d’habitation en baisse, subventions fluctuantes...), la transparence et la rigueur sont essentielles.
Les villages de la Vézère, loin de se figer dans le temps, investissent dans des projets modernes, souvent en harmonie avec leur histoire et leur environnement. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) adopté par chaque commune sert de feuille de route pour développer ces territoires tout en conciliant préservation des paysages périgourdins.
À Terrasson-Lavilledieu, par exemple, le projet de réhabilitation de l’ancien quartier industriel "Les Farges" est en cours. L’initiative vise à transformer d’anciens bâtiments en logements sociaux et espaces communs écologiques, tout en conservant l’architecture locale. À Rouffignac, un éco-lotissement qui mêle matériaux bio-sourcés et autonomie énergétique attire l’attention. Ces initiatives illustrent comment les villages contribuent à la transition écologique, tout en répondant aux besoins d’accueil des nouveaux habitants (souvent des familles ou retraités en quête de quiétude).
Le conseil municipal est le pilier du fonctionnement de toute commune. Il est composé d’élus, dont le maire, les adjoints, et les conseillers, en proportion de la population locale (jusqu’à 29 élus pour les plus grandes communes). Leur mission ? Analyser et voter les décisions stratégiques : budget, travaux publics, aménagement urbain ou encore subventions aux associations.
En Dordogne, ces conseils accueillent souvent des élus qui connaissent intimement leur territoire. À Saint-Léon-sur-Vézère, il n’est pas rare que ces élus soient agriculteurs, artisans ou enseignants, apportant une expertise concrète. Leur rôle est quotidien : rédiger des arrêtés municipaux, chapeauter des dossiers administratifs, ou encore représenter la mairie lors de réunions intercommunales.
Si vous n’avez jamais pris part à une réunion de conseil municipal, sachez qu’il s’agit d’un moment privilégié pour comprendre les enjeux locaux. À Montignac, par exemple, la population peut assister aux débats, poser des questions (parfois en fin de séance) et constater comment se prennent les décisions collectives. Ces réunions sont l’occasion de découvrir des discussions passionnées mais constructives, où chaque voix compte.
Les communes du bassin de la Vézère, conscient de leur patrimoine unique, aspirent souvent à des labels prestigieux tels que "Petite Cité de Caractère" ou "Villes et Villages Fleuris". Mais obtenir ces distinctions demande un travail de longue haleine.
À Saint-Amand-de-Coly, labellisé "Plus Beaux Villages de France", des efforts constants sont réalisés pour maintenir fleurissement, préservation architecturale et qualité des infrastructures touristiques. Les candidatures s’appuient sur des critères stricts : qualité de la vie, propreté, attractivité touristique. Pour ce faire, des audits réguliers et des plans d’actions ambitieusement portés par des équipes locales sont nécessaires.
Dans les communes de la Vézère, les élus ne sont pas seuls à imaginer l’avenir. La participation citoyenne prend de nombreuses formes, de réunions publiques thématiques à la création de conseils consultatifs. À Thenon, par exemple, un "comité des habitants" a été formé pour co-construire les aménagements d’un nouveau parc public.
Quant à la concertation, elle est parfois consultative : les élus prennent note des propositions citoyennes, même si ces dernières ne sont pas toujours actées. Mais ces démarches renforcent un sentiment d’appartenance et une proximité précieuse entre habitants et élus.
Les défis budgétaires et administratifs poussent certaines communes du bassin de la Vézère à mutualiser leurs services ou à fusionner. C’est le cas de la commune nouvelle de Vallée de l’Homme, créée en 2014, qui regroupe plusieurs villages autour du Buisson-de-Cadouin. Ces fusions permettent de partager les coûts des équipements, améliorer les services (comme la gestion informatique ou la voirie) et obtenir des financements plus significatifs.
Néanmoins, elles ne sont pas sans débats. S’il s’agit d’un moyen pragmatique de maintenir les services de proximité, certains habitants regrettent la perte d’une identité communale forte. Trouver cet équilibre demeure un défi.
En Dordogne, le maire symbolise un lien fort entre les habitants et les institutions. Souvent très accessibles, ils cumulent des responsabilités écrasantes : chef d’orchestre des projets communaux, garant des lois, mais aussi médiateur face aux conflits locaux.
Le rôle, souvent méconnu de ses limites, demande une implication quotidienne – de la signature de permis de construire à des décisions stratégiques comme l’achat d’un terrain communal ou l’accueil d’un festival local. À Saint-Geniès, le maire a récemment initié la plantation d’arbres fruitiers sur les espaces publics, tout en impliquant l’école locale ; petite action, grand symbole.
Les routes, écoles, équipements sportifs et autres infrastructures demandent une attention minutieuse, surtout en zone rurale. L’entretien des voiries, par exemple, se fait parfois grâce à des équipes municipales réduites ou des contrats avec des entreprises locales. En Dordogne, 78 % des routes sont communales : un vrai défi.
Certaines communes installent des bornes électriques ou initient des chantiers participatifs, comme cela a été fait à Plazac pour rénover une salle polyvalente avec les habitants eux-mêmes. Ces solutions économiques et conviviales favorisent le lien social.
Pour les petites communes périgourdines, les élections municipales sont synonymes d’enjeux cruciaux. Ce n’est pas seulement une question de choix politique, mais aussi de désignation des femmes et hommes capables de veiller sur le quotidien. Les campagnes électorales, souvent discrètes, incluent une proximité rare : des visites chez les habitants, des réunions informelles.
À noter que les taux d’abstention en milieu rural en Dordogne sont souvent plus faibles qu’en milieu urbain. Un reflet de la confiance en celles et ceux qui s’engagent, malgré la lourdeur de la tâche.
Les communes du bassin de la Vézère sont bien plus que des institutions locales : elles jouent un rôle central dans la gestion, la préservation, et l’animation de ce territoire unique. Derrière chaque projet ou chantier, ce sont des hommes et des femmes, élus, habitants, agents communaux, qui travaillent ensemble. Un travail souvent invisible mais essentiel au quotidien.
Dans cette vallée où le passé dialogue avec le présent, où chaque pierre raconte une histoire, chacune de nos communes esquisse l’avenir à son rythme, guidée par l’amour de sa terre et de celles et ceux qui la peuplent.